Bio & clean

Comment repérer le greenwashing dans la cosmétique ?

Par Maxime
5 minutes

Ce que l’on appelle vraiment "greenwashing" dans la cosmétique


Dans les rayons beauté, la promesse du "naturel" est omniprésente : feuilles vertes, packagings épurés, slogans engageants fleurissent sur les flacons. Mais, derrière cette image d’entreprise plus respectueuse de l’environnement, se cache parfois une pratique trompeuse : le greenwashing. Ce terme recouvre toutes les stratégies marketing qui donnent une image de produit ou de marque plus écologique qu’elle ne l’est en réalité. Un phénomène qui sévit particulièrement dans le secteur cosmétique, où les attentes des consommateurs en matière de durabilité, de composition saine et de transparence n’ont jamais été aussi fortes.

Pour s’y retrouver et ne pas tomber dans le panneau, petit guide pour débusquer le greenwashing et choisir en toute connaissance de cause.


Quand la promesse verte masque la réalité : les ressorts du greenwashing


Le greenwashing (ou écoblanchiment) repose sur une mécanique simple : s’appuyer sur la vague verte pour rassurer, séduire — et vendre, sans nécessairement remettre en cause les pratiques produit, sourcing ou emballage. Il prend plusieurs formes :


  • Utilisation d’un vocabulaire flou : "naturel", "pur", "végétal", "ecofriendly", "clean"... qui ne correspondent à aucune définition réglementaire précise.
  • Affichage de labels trompeurs ou inventés, de sigles verts vagues ou auto-définis par la marque.
  • Mise en avant d’un unique ingrédient naturel : alors que le reste de la formule contient de nombreux agents synthétiques controversés.
  • Designs packaging évoquant la nature : couleurs vertes, images de feuilles, sans lien avec la réalité du produit.
  • Prises de paroles environnementales exagérées : "respect de la planète", engagement "0 impact", impossibles à vérifier concrètement.

Le greenwashing brouille la lisibilité sur la réelle composition ou l’impact d’un cosmétique, au détriment des consommatrices/teurs en quête de vrai changement.


Décrypter un pack : quels indices doivent alerter ?


Face à la multiplication des cosmétiques affichant "vert", "clean beauty" et autres mentions rassurantes, il est crucial de savoir lire entre les lignes. Voici quelques signaux à surveiller :


  • Mention "naturel" sans précisions : un produit peut contenir seulement 1% d’extrait végétal et se dire "naturel".
  • Ambiguïté entre "naturel" et "bio" : un ingrédient naturel n’est pas forcément issu de l’agriculture biologique, sans pesticides ni OGM.
  • Absence de labels certifiants reconnus : Ecocert, Cosmébio, Natrue, Cosmos... Ces labels (bien que pas parfaits) garantissent un minimum d’engagement, contrairement aux faux pictogrammes écolo auto-proclamés.
  • Longue liste d’ingrédients avec de nombreux noms complexes (INCI) : la mise en valeur d’un ingrédient "star" ne doit pas faire oublier l’ensemble de la formule (silicones, PEG, parabènes, parfums de synthèse...)
  • Packaging "recyclable" qui n’indique pas le % de matière recyclée, ni la filière de recyclage effective.

Règle simple : méfiez-vous des emballages qui sur-jouent la carte "green" sans aucune preuve lisible, ni démarche certifiée.


Dénomination "clean beauty" : jusqu’où peut-on y croire ?


Autre arme du greenwashing : le concept de "clean beauty". Dépourvu de cadre légal, il peut signifier tout ou son contraire selon les marques. Certains acteurs se limitent à enlever les ingrédients les plus controversés (parabènes, MIT, SLS...), mais continuent à recourir à des ingrédients non biodégradables, controversés écologiquement, ou issus de la pétrochimie. Seule solution : aller voir la liste INCI (composition détaillée) et/ou vérifier l’adossement à une charte sérieuse, comme celle du collectif Slow Cosmétique.


Mots à la mode : piège ou réelle avancée ?


  • "Formule végane" : sans ingrédient d’origine animale, mais pas forcément bio ni naturel dans son ensemble.
  • "Non testé sur les animaux" : c’est déjà obligatoire en Europe, ce n’est pas un argument de différenciation.
  • "Sans silicone/huile minérale" : parfois remplacé par des substituts synthétiques encore peu écologiques.
  • "Testé dermatologiquement" : simplement obligatoire pour la sécurité, ne prouve pas la naturalité du soin.

Zoom sur les labels vraiment utiles


Dans la jungle des pictogrammes cosmétiques, quelques certifications restent une référence :


  • Ecocert/Cosmos : minimum 95% des ingrédients d’origine naturelle, 20% issus de l’agriculture biologique (pour les formules rincées, peut descendre à 10%). Utilisation restreinte d’ingrédients transformés et contrôle de la chaîne de production.
  • Cosmébio : garantit transparence sur la composition, audits annuels, exclusions de + de 140 substances à risque (OGM, parabènes, phenoxyethanol, etc.)
  • Natrue : exigeants sur la part de naturel, refuse les silicones, microplastiques ou ingrédients controversés.
  • Slow Cosmétique : label indépendant qui évalue formule, éthique de marque et démarche environnementale globale.

Attention : certains labels maison ou "faussement bio" n’engagent que la bonne foi de la marque.


Vocabulaire cosmétique : comprendre les formulations


L’indication "X% d’ingrédients d’origine naturelle" est fréquente. Cela ne signifie pas "bio", ni même faible toxicité : par exemple, l’alcool ou la soude sont d’origine naturelle mais peuvent être irritants, tandis que certains conservateurs synthétiques sont nécessaires à la stabilité des produits. On préfère : mention du pourcentage d’ingrédients bio, liste courte, absence d’allergisants, d’ingrédients éthoxylés et de substances polluantes.

Un produit authentiquement respectueux détaille sa formulation INCI sur l’emballage et n’hésite pas à donner la provenance de ses actifs.


Pièges classiques : les "verts" qui ne le sont pas autant qu’annoncé


  • Le "pack éco-conçu" qui n’engage à rien : un nouveau bouchon ou flacon allégé ne gomme pas forcément une empreinte carbone élevée ou un usage unique difficilement recyclable.
  • Promesse "respect de l’océan" : le produit conserve souvent des filtres UV polluants ou des microplastiques.
  • Réduction de certains composants controversés : ce n’est pas forcément synonyme de formule saine sur toute la ligne.
  • Composant bio en quantité infime, mis en avant alors que l’essentiel de la formule est conventionnel.

Comment repérer le greenwashing ? Checklist express


  1. Lisez la liste INCI : plus elle est courte, compréhensible, et indique l’origine des ingrédients, mieux c’est.
  2. Recherchez les labels reconnus (Cosmébio, Ecocert, Natrue, Cosmos, Slow Cosmétique).
  3. Méfiez-vous des mentions vagues, de la sur-utilisation du vert, et des slogans trop beaux pour être vrais.
  4. Privilégiez les marques qui donnent des preuves concrètes : % exacts, audits, liste complète sur le site, transparence fournisseurs.
  5. Posez-vous la question : tous les produits de la marque sont-ils éco-conçus, ou est-ce une gamme "alibi" ?
  6. En cas de doute, renseignez-vous via des plateformes indépendantes (INCIMag, La Vérité sur les Cosmétiques ou apps comme INCI Beauty).

L’avis de la rédaction Beauté au Quotidien


Pour notre équipe, le greenwashing est souvent synonyme de promesses creuses, qui freinent la réelle transition du secteur. Il prive aussi les consommatrices/teurs d’un choix éclairé et disqualifie les marques engagées de longue date. Notre conseil : cultivez un œil critique, privilégiez les labels tiers, interrogez la cohérence globale de la marque, et préférez une cosmétique transparente sur ses limites plutôt qu’une communication enjôleuse sans fond.

Notre coup de cœur : les marques qui n’ont pas peur de publier leurs progrès, de reconnaître les concessions inévitables (biodégradabilité, sourcing, emballage), et de s’engager dans des démarches d’amélioration continue. La meilleure arme anti-greenwashing, c’est aussi la mobilisation grandissante des consommateurs avertis !


À retenir : les réflexes anti-greenwashing à adopter


  • Lisez bien les listes d’ingrédients, gardez un œil sceptique sur les slogans et réclamez des preuves.
  • Un packaging "vert" ne garantit pas un produit éthique ou sain : le détail se trouve dans la formulation et l’impact global.
  • Privilégiez les labels officiels et indépendants, fuyez les logos farfelus.
  • La transparence (formulation, origines, empreinte) doit être accessible et vérifiable.
  • Moins, c’est souvent mieux : courte liste d’actifs, pas de marketing inutile, ni de promesse irréaliste.

Beauté au quotidien : avancer vers une consommation plus lucide et exigeante


Décrypter le greenwashing demande un peu de méthode, beaucoup de vigilance — et une vraie exigence envers les marques. Sur Beauté au Quotidien, nous croyons que seule une cosmétique honnête, à la fois sur ses avancées et ses limites, mérite d’être mise en avant. S’informer, comparer, questionner : voilà les réflexes à adopter pour une beauté engagée et des routines qui riment vraiment avec respect de soi et de la planète.


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